En 2014, Céline et son compagnon Anthony ont quitté leur petite vie tranquille pour se lancer dans un tour du monde éco-volontaire à la rencontre des espèces menacées. Depuis 6 ans, de la Russie au Laos en passant par la Mongolie, le Kirghizistan et le Tibet, à bord de leur 4×4 aménagé nommé Totoy, ils sillonnent les routes du globe pour travailler avec des ONG qui viennent en aide aux animaux maltraités ou en voie d’extinction.

Depuis leur départ, ils ont parcouru 60000 kilomètres, fait de très belles rencontres, vécu des expériences hors-du-commun et croisé de nombreuses espèces menacées : bisons d’Europe, ours bruns, chevaux de Przewalski, ours de Gobi, chameaux sauvages, léopards des neiges, ours du Tian-Shan, ours à collier, ours malais, éléphants…

Partis pour 5 ans, ils ne sont finalement jamais revenus de ce grand voyage et vivent aujourd’hui au Laos où ils gèrent un centre de préservation des éléphants. Avec l’aide de leurs 70 employés, ils s’occupent de 34 éléphants qu’ils espèrent bien pouvoir un jour rendre à la vie sauvage.

Durant le confinement, Céline est rentrée en France où nous avons pu la rencontrer. Elle nous a raconté le périple qui l’a menée jusqu’au Laos et le cheminement qui l’a conduit à consacrer sa vie à la préservation de la faune et de la flore sauvage.

L’écologie, une question de bon sens

Céline : « J’ai grandi en Normandie. Dans ma famille, on m’a toujours appris à faire attention à l’environnement, à ne pas gaspiller, à respecter la nature parce que c’est une question de bon sens en fait : il faut préserver nos ressources, préserver ce dont on a besoin pour vivre.

J’ai passé un bac ES puis j’ai fait des études de commerce à Caen. J’ai passé un master de management international qui m’a amené en Corée du Sud et je me suis finalement spécialisée dans le contrôle de gestion. Après mes études, j’ai travaillé dans une petite entreprise en Mayenne. J’adorais mon travail et mes collègues mais en parallèle de cette petite vie bien établie, j’ai toujours aimé voyager.

Pendant mes vacances, je partais en voyage écovolontaire ou en mission avec des rangers. Petit à petit, c’est devenu de plus en plus difficile de revenir à la réalité. Je crois que le plus difficile, c’était en revenant du Swaziland. Là-bas on a passé plusieurs semaines en pleine savane et en rentrant, on a retrouvé la cohue, les supermarchés, le bruit. C’était terrible. Je me demandais vraiment ce que je faisais là. C’est à ce moment qu’est née l’idée de partir. »

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Préparer le long périple

C : « La préparation de ce voyage nous a pris du temps parce qu’on ne voulait vraiment pas partir la fleur au fusil. Le but, c’était de faire un tour du monde éco-volontaire pendant 5 ans, de faire du bénévolat pour des associations qui protègent la faune sauvage et de réaliser pour eux des vidéos pour leur permettre de valoriser leur travail. Parce que les grosses ONG comme Greenpeace ont les moyens de communiquer mais il y en a plein d’autres, beaucoup plus petites, qui font un travail incroyable et dont on n’entend jamais parler parce qu’ils n’ont pas les moyens de faire parler d’eux, alors qu’ils ont besoin de soutien.

Pendant 3 ans, on a préparé un véhicule pour pouvoir vivre dedans en toute autonomie et épargner suffisamment d’argent pour le voyage. On est parti en avril 2014, il y a 6 ans. »

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Première destination, la Russie

C : « On a commencé par aller dans le nord de la Russie, en Carélie, pour travailler avec l’association Lupus Laetus. On était dans la Taïga, c’était fabuleux. Pour accéder à la ferme, il fallait prendre une barque, on était donc vraiment coupés du monde, dans une structure qui réhabilite des oursons orphelins à l’état sauvage. Il y a des chasseurs qui tuent des ours adultes et laissent les oursons derrière eux. Il faut donc s’occuper d’eux jusqu’à ce qu’ils soient en âge de se débrouiller seuls dans la nature.

J’ai vraiment adoré la Russie. Pourtant, je n’étais pas particulièrement attirée par ce pays, sûrement parce que les médias ne m’en avaient pas donné une bonne image, mais j’ai finalement découvert des paysages magnifiques, on a rencontré des gens exceptionnels qui m’ont fait découvrir une culture extraordinaire. J’avais l’impression d’être comme à la maison. »

De la Russie à la Mongolie

C : « On est ensuite redescendu vers Moscou puis on a traversé toute la Russie pour rejoindre le lac Baïkal. Là-bas on a encore fait plein de rencontres extraordinaires mais il a fallu quitter le pays pour une question de visa, et puis le froid était en train d’arriver et on n’était pas forcément bien équipés, sinon j’y serai bien restée plus longtemps !

On est ensuite allé en Mongolie pour aider une fondation qui réhabilite les chevaux sauvages de Przewalski, dans le parc national de Hustai. On a fait une vidéo promotionnelle pour eux. »

C : « On a ensuite réussi à intégrer une expédition avec des membres du gouvernement mongole et des rangers dans le désert de Gobi, pour suivre l’ours de Gobi. C’est une espèce parmi les plus menacées au monde puisqu’il n’en reste que 40 spécimens. C’est notamment dû à la perte d’habitat naturel et aux changements climatiques qui ont provoqué des années très arides.

Le but de la mission était de relever les caméras trap et d’alimenter les points de nourrissage pour être sûr qu’ils puissent survivre. L’ours de Gobi ne se nourrit que d’une seule plante, la rhubarbe sauvage, s’il en manque il meurt de faim. On a souvent l’image de l’ours carnivore qui mange les hommes mais un ours, c’est majoritairement herbivore. En Russie, les ours bruns sont à 90% végétariens, par exemple. »

De la Mongolie au Kazakhstan

C : « Après la Mongolie, on est remonté dans l’Altaï (une région de Russie) pour rejoindre le Kazakhstan. L’automne arrivait, il commençait à faire vraiment très froid mais c’était incroyablement beau : les couleurs, les steppes… Cette région, c’est vraiment magnifique.

On n’avait qu’un visa de 2 semaines donc on est juste passé au Kazakhstan mais on est souvent revenu par la suite, pour des questions de visa à faire renouveler. On a fait de super belles rencontres là-bas aussi, j’ai adoré le peuple Kazakh. C’est un pays multi-culturel, très ouvert, qui n’a pas fermé ses frontières après la chute de l’URSS. Ils ont conservé de très bonnes relations avec la Russie et ont toujours considéré l’éducation comme quelque chose d’essentiel, ça se ressent quand on rencontre des Kazakhs. »

Du Kazakhstan au Kirghizistan

« On est ensuite allé au Kirghizistan où on est resté un an. On a passé plus de 2 mois dans un centre de réhabilitation des léopards des neiges géré par l’association NABU. Ce centre recueille et soigne des léopards qui ont été victimes de braconnage, ils ont malheureusement trop de séquelles pour pouvoir survivre seuls à l’état sauvage, ils ne peuvent donc pas être remis en liberté. »

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C : « Dans ce centre, ils ont également de grands rapaces comme des aigles ou des vautours. On les a suivis dans leur travail et on a fait un film qu’on est ensuite allé montrer dans les écoles de la capitale. Parce qu’il y a vraiment 2 mondes, là-bas : la ville, Bichkek et, les montagnes. L’idée, c’était donc d’informer les kirghizes sur toutes les actions menées dans les régions reculées du pays.

On a tourné beaucoup d’images qu’on a données aux chaînes de télévision qui n’ont pas forcément le budget pour aller tourner en pleine nature à 4000 m d’altitude. Ils les ont beaucoup diffusées. On est d’ailleurs passé plusieurs fois à la télé Kirghize, il y a même des habitants qui nous reconnaissaient après, quand on voyageait. On a également été rejoint par des français avec qui on est parti en mission. Pour les kirghizes, le fait de voir que des personnes étrangères s’intéressent aux animaux sauvages présents sur leur territoire et que cela peut même devenir une source de revenus, ça les incite à protéger leur environnement. »

Traverser l’Asie centrale jusqu’en Asie du sud-est

C : « Après le Kirghizistan, on a voulu traverser l’Iran et l’Afghanistan pour rejoindre l’Asie du sud-est mais c’était risqué et traverser la Chine, c’était hors-de-prix donc on ne voyait pas comment faire. On a finalement rencontré un groupe qui cherchait d’autres voyageurs pour traverser la Chine et réduire les coûts. Ensemble, on était 18, on a pu considérablement réduire le coût du voyage. Avec eux, on a traversé le Ouïghour, le Tibet puis on a rejoint le Yunnan et le Laos. »

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C : « On est arrivé au Laos totalement par hasard et même un peu à contre-coeur. À l’origine on devait aller au Népal mais les routes étaient fermées aux touristes suite au tremblement de terre, on a donc été redirigés vers le Laos. On venait de passer plusieurs mois dans des régions plutôt sauvages, avec un climat montagnard et frais, donc le Népal me semblait être une bonne transition avant l’Asie du sud-est. Au Laos, j’avais peur de retrouver plein de monde, de la chaleur, du bruit. Je craignais que ce soit un peu comme au Vietnam ou en Inde avec des gens partout, mais finalement ça n’avait rien à voir avec ce que j’imaginais. »

L’arrivée au Laos

Sauver les ours victimes de cruauté

C : « On est arrivé dans le nord du pays où on a travaillé avec l’ONG Free The Bears, qui s’occupe d’ours victimes de la cruauté humaine. Ils ne les relâchent pas à l’état sauvage mais leur offrent quand-même une vie bien meilleure que celle qu’ils avaient avant. On n’en entend peu parler en Europe mais les fermes à bile, c’est une souffrance animale absolument atroce. Les ours sont enfermés dans des petites cages où ils ne peuvent même pas se tenir debout et on leur extrait la bile à vif, avec un cathéter. Tout ça parce que certaines populations, notamment au Vietnam ou en Chine, pensent que la bile d’ours a des vertus thérapeutiques.

Il y a aussi des restaurants qui ont des ours à l’arrière et quand un client commande une soupe à la pâte d’ours, par exemple, on coupe une pâte de l’ours qui attend dans sa cage pour la servir aux clients. Les clients savent comment ça se passe et c’est souvent des clients aisés donc ce n’est pas une question de faim. L’ONG avec laquelle on travaillait a sauvé 180 ours et sur les 180, la plupart était amputée. »

Leur offrir une vie adaptée à leur besoin

C : « On était dans cette structure pour fabriquer des enclos et des espaces un peu plus naturels pour les ours. Ils sont donc bien mieux qu’avant mais pour nous, ça n’allait pas assez loin, on aurait voulu les relâcher dans la nature. Pour l’ONG, c’était malheureusement impossible car ces ours ne craignent plus l’homme et seraient donc rapidement recapturés. »

Les éléphants du Laos

C : « Pendant qu’on travaillait avec cette ONG, on a rencontré le fondateur du centre des éléphants de Sayaboury. Il a vu ce qu’on faisait, il était impressionné par notre manière de travailler avec les Laos, parce qu’on a toujours travaillé avec eux sur un pied d’égalité donc on était très intégrés. A l’époque, il n’y avait pas de gérants sur site, la gestion était faite à distance par le Directeur qui vivait à la capitale.

Petit à petit, on a commencé à reprendre la gestion. On a ouvert un bureau à la ville pour augmenter le nombre de visiteurs et j’ai repris toute la comptabilité… donc j’ai finalement renoué avec ma formation initiale. Peu à peu, en augmentant le nombre de visiteurs, on a pu avoir plus de fonds pour secourir plus d’éléphants et recruter plus d’employés. Aujourd’hui, on a 70 employés qui s’occupent de 34 éléphants. »

 

C : « Le but, c’est de les laisser vivre, de veiller à ce qu’ils aient un cadre de vie naturel et des soins, en espérant qu’ils se reproduisent. Le Laos, c’était le pays au million d’éléphants, il n’en reste plus que 800 aujourd’hui. S’il n’y a pas de naissance maintenant, l’espèce disparaîtra dans quelques dizaines d’années.

Une équipe de France 2 est venue au centre en avril 2019. Leur reportage explique bien tout ce que nous faisons au quotidien. »

La caravane des éléphants

C : « Anthony a vraiment une personnalité de meneur, il a mis en place un nombre de choses incroyables avec le gouvernement. Il lâche rien, malgré la bureaucratie, les délais d’attente, il va jusqu’au bout et le gouvernement nous laisse faire. On a relâché des éléphants à l’état sauvage, par exemple, ce qui est une première au Laos, ça ne s’était jamais fait.

En parallèle, le gouvernement a fait beaucoup de choses contre le trafic illégal. Il y a 4 ans, notamment, il y avait un trafic en train de se mettre en place, des coréens vendaient des éléphants laotiens à Dubaï. Quand le premier ministre laotien a été informé de ce trafic, il a confisqué ces éléphants et nous les a confiés.

On a donc organisé leur rapatriement : une caravane d’éléphants, accompagnée d’une voiture gouvernementale et de notre 4×4, a traversé une partie du Laos pour rejoindre le centre et retrouver la jungle. D’ailleurs, parmi les éléphants relâchés dans la nature, 4 faisaient partie de ce voyage. Il y a donc un éléphanteau de 7 ans, qui avaient été entraîné toute sa vie à faire du show pour les touristes et qui est aujourd’hui libre dans la jungle ! Pour nous, c’est une super belle histoire et c’est ça aussi qui nous motive. »

 

Pendant votre périple, comment voyagiez-vous ?

C : « On n’a pas du tout pris l’avion, on vivait dans notre voiture et on ne roulait que pour rejoindre de nouvelles missions. Bien sûr, c’est un 4×4 aménagé donc ça pollue plus que certaines petites voitures mais on a fait le calcul : avant de partir, je faisais chaque année 15000 kilomètres pour le travail et Anthony, lui, en faisait 70000. Donc à nous 2, on parcourait 85000 kilomètres par an, c’est énorme. Là, en 6 ans, de la France jusqu’au Laos, on a fait à peu près 60 000 kilomètres. Donc on a fait beaucoup moins de kilomètres, avec un mode de vie bien moins polluant. »

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Le voyage durable, c’est quoi ?

C : « Le voyage durable, c’est le voyage qui préserve les écosystèmes et les modes de vie locaux. C’est vivre des expériences les plus authentiques possible sans chercher à retrouver son confort occidental au bout du monde.

Une chose que je trouve effrayante, par exemple, c’est l’uniformisation des grandes villes, partout dans le monde. Aujourd’hui elles se ressemblent toutes. D’ailleurs quand on arrive dans l’une d’elles, on ne sait même pas vraiment où on est parce que tout est pareil. On retrouve partout les mêmes grandes enseignes, les mêmes hôtels. Quand on est arrivé à Almaty, au Kazakhstan, ça m’a frappée. En fait c’est une ville occidentale. C’est terrifiant. Comment peut-on avoir envie de voyager pour retrouver la même chose que ce qu’on a chez soi ? »

S’immerger dans une culture

C : « L’intérêt du voyage, c’est au contraire de découvrir d’autres modes de vie, d’autres cultures. Par exemple, en Mongolie, en tant qu’écovolontaire, on expérimente vraiment la vie en yourte. On peut mesurer à quel point c’est un environnement hostile. Vu d’ici, ça fait rêver mais en hiver, quand le vent de steppe souffle, c’est vraiment violent. Tu vis dans le vent, les odeurs du bétail et la promiscuité en permanence. Parce que la yourte, c’est une ferme, on vit avec les troupeaux et il y a une forte odeur de ferme. Pour nous ça allait parce qu’on a grandi à la campagne, ce genre d’odeurs, on connaît, mais je me souviens qu’il y avait une parisienne avec nous qui était écœurée. Le lait, les mouches dans le lait, les animaux… Quand on lui proposait du thé au lait c’était dur pour elle, elle me demandait même de finir parce que c’est des produits très forts.

Voyager, c’est découvrir tout ça, vivre avec les locaux, manger comme eux, prendre conscience de la dureté de leur mode de vie. On n’est pas dans une carte postale, on est dans la vraie vie des gens et c’est ça qui est enrichissant. Aller en Mongolie dans un hôtel de luxe où on mangera de la nourriture importée d’Europe, je ne vois pas l’intérêt.

Une équipe d’étudiants canadiens est venue passer une semaine au centre en 2017. Ils ont justement réalisé une vidéo sur le voyage éthique et durable dans laquelle ils illustrent vraiment bien le dilemme entre la nécessité de développer l’économie locale grâce au tourisme et la volonté de préserver sa culture et son environnement. »

L’écovolontariat, un moyen d’action

C : « L’écovolontariat, c’est une façon de voyager qui permet de vivre à la manière des locaux, avec les locaux, tout en faisant quelque chose d’utile. Il y a énormément d’ONG qui ont besoin d’aide, partout dans le monde.

A Sayabouri, par exemple, le financement du centre de préservation des éléphants se fait en partie grâce à l’écovolontariat. On propose des séjours au cours desquels nos visiteurs peuvent observer les animaux de façon privilégiée. On leur donne beaucoup d’informations, on passe énormément de temps avec eux et ils sont bien sûr nourris et logés. On demande 470€ par personne et par semaine, c’est ce qui nous permet de faire vivre tous les locaux qui travaillent avec nous et qui sont vraiment la clé du projet. »

Le battement d’aile d’un papillon

B : Avec Céline, nous avons également discuté de la manière dont on peut tous participer à préserver les écosystèmes et plus globalement la planète. Pas besoin de tout quitter pour exercer ce pouvoir, il suffit simplement de prendre conscience que tout est politique : chacun de nos achats, chacune de nos actions porte un message, une vision du monde.

Préserver la forêt

C : « Ce qu’il faut absolument comprendre, c’est que tout le monde peut faire quelque chose à son niveau. Personne ne peut changer le monde tout seul, il faut que tout le monde participe. Mais on ne se rend pas forcément compte de l’impact qu’on peut avoir au quotidien. Pourtant, le fait de consommer d’une certaine manière en France a des conséquences à l’autre bout du monde.

Par exemple, au Laos, il n’y a pas d’huile de palme, mais il y a du teck, des bananeraies, de l’hévéa… tout pour l’export, bien entendu, les locaux ne consomment pas tout ça. Donc on déforeste pour exploiter ces ressources, ce qui fait moins d’habitat pour la fauve sauvage. D’ailleurs, le principal problème au Laos pour les éléphants, c’est la déforestation.

Mais au-delà des éléphants, le problème touche vraiment tout le monde, parce que quand on coupe la forêt, il n’y a plus rien qui filtre l’eau de pluie donc il y a des inondations, des glissements de terrain et les locaux n’ont plus rien à manger parce que la terre est moins fertile. Et puis, bien sûr, il y a le problème du dérèglement climatique, accentuée par la destruction des forêts primaires. La préservation de la forêt, pour moi, c’est vraiment le combat le plus important. C’est ce qui m’attriste le plus : voir la forêt disparaître. »

Consommer différemment

C : « Consommer local, c’est donc une première étape pour éviter ce type de dommages. Quand on consomme des produits qui viennent du bout du monde, on a forcément un impact négatif sur l’environnement. On a tendance à vouloir se défausser en se disant ‘c’est la faute de nos voisins’ mais on ne peut plus s’arrêter à ça désormais, tout le monde est concerné, tout le monde est responsable.

Quand j’entends dire ‘c’est la faute des chinois qui ont construit un barrage’, je réponds ‘mais pourquoi ont-ils construit un barrage ?’ Pour fabriquer de l’électricité qui permettra de fabriquer des objets vendus en Europe. Si en Europe on arrêtait de vouloir changer de fringues tous les 3 mois, on consommerait moins de ressources et d’énergie pour fabriquer des vêtements pas chers en Asie et on n’aurait peut-être pas besoin de nouveaux barrages. Il faut donc réfléchir, chacun à notre niveau, pour voir comment on peut changer nos habitudes et réduire notre impact. »

Pour en savoir plus sur le centre de préservation des éléphants ou pour réserver votre séjour, à la rencontre des éléphants du Laos, c’est ici.

Pour lire le détail du périple de Céline et Anthony, rendez-vous sur leur blog ou sur Facebook. Attention tout de même, cela pourrait vous donner envie de tout plaquer pour partir sur les routes…

Toutes les photos et les vidéos présentes dans l’article (à l’exception du reportage France 2 et de celui réalisé par les étudiants canadiens) appartiennent à Céline et Anthony et à leur association Around the Rock. Tous droits réservés.